dimanche 13 janvier 2013

L'hiver des furieux - Part 2

Dans la famille Diancoff, je demande le frère. S'il y en a bien un qui ne sort pas si souvent que ça de son Tarn natal, c'est bien Benjamin. Et s'il y en a bien un à qui les grands espaces et la nature Québécoise devraient faire plaisir, c'est bien Benjamin.
L'hiver continue sur un rythme très particulier, après l'importante chute de neige, on a assisté à une fonte relativement rapide de tout ce bazar menant de fait à quelques inquiétudes par rapport au séjour de Mister. Il faut avouer que beaucoup d'activités intéressantes à faire en hiver sont intimement liées au volume de poudre blanche disponible. (avertissement : ceci n'est pas un plaidoyer en faveur de la drogue). Qu'à cela ne tienne, en montant vers Québec, les chances de trouver le grand manteau blanc sont plutôt grandes. L'hiver étant plein de surprises, ce qui était moins prévisible étaient les températures records extrêmement basses, et surtout tous les jours pendant une bonne semaine, de quoi confirmer les bonnes vieilles frayeurs hexagonales. Pour une fois, on peut dire que c'est justifié, car entre -36 et -20 plusieurs jours d'affilés, il n'y a vraiment pas de quoi faire les fiers dehors. Mais rien de bien terrifiant pour Benjamin qui possède une aptitude naturelle à supporter (ignorer?) le froid, en plus d'un bonnet en fibres de cheveux 100% naturel.
N'empêche qu'à Québec, la visite est rude, et chaque bâtiment chauffé devient un incontournable à voir absolument (pour se réchauffer). La ville est superbe, comme toujours et l'hiver offre d'autres attraits très intéressants, à commencer par les glissades de l'esplanade. Prenez un traineau à la Calvin & Hobbes, une pente bien glacée et assez raide, une zone d'arrêt d'urgence comme au bord des autoroutes et en avant. Comme des grands enfants, on a adoré, et la vitesse est quand même hallucinante !
Le soir venu, on se dirige vers notre petit chalet dans la forêt pour une bonne nuit de repos. Le lendemain, on se motive pour une promenade en raquettes, on repère un sentier de 9km, certainement jouable en 2 heures et quelques. La neige tombe abondamment, et on se rend compte de notre optimisme rapidement. Dany s'accroche du mieux qu'elle peut et on parvient quand même à boucler le parcours en 4h30, il fait assez noir sur les derniers kilomètres, et heureusement on avait une lampe de poche!

Au retour, on se fera une bonne partie d'Innovation, un nouveau jeu de stratégie que j'ai eu à Noël. Très sympa, bien que les 60 minutes indiquées sur la boite reflètent probablement le temps de comprendre les règles, plus que le temps de jeu. Merci à Aude pour ce beau cadeau!
Le lendemain, on se dirige pour un des plus fameux clichés, un tour avec les chiens de traineaux (ou traineaux à chiens, je sais plus). L'activité se révèle à la hauteur et les chiens sont super excités à l'idée de tirer un traineau, comme quoi il suffit de trouver sa voie pour être heureux. La promenade dans les bois est super, on encourage les chiens et il faut parfois trottiner ou courir pour leur donner un coup de main. Niveau sonore, c'est exactement l'inverse du skidoo. Quand on avance, c'est tout silencieux et dès qu'on arrête, les chiens aboient. (alors qu'il n'y a pas de caravane à proximité, c'est à n'y rien comprendre).
Bref, on rentre à Montréal, tant bien que mal car des accidents liés aux importantes rafales de vent créent des bouchons monstrueux, l'hiver est décidément plein de surprises.
Pour accéder au chenil, à la galerie de photos, c'est par ici !

mardi 1 janvier 2013

L'hiver des furieux - Part 1

Dans chaque pays où nous avons habité, Emilie et Micaël sont passés nous voir deux fois. Et le Canada ne fait pas exception. Pour varier les plaisirs, ils tenteront l'hiver québécois, l'hiver jugé le plus terrible de la planète par 100% des personnes interrogées (d'après un sondage réalisé sur 4 français qui n'ont jamais mis un pied plus loin que le village voisin).
En ce qui nous concerne, l'hiver on aime bien, et je vous conseille en passant le petit tête à claques de circonstances. Mais, il faut avouer que pour en profiter, il est en général préférable d'avoir de la neige. Si aux alentours de Noël, la neige était encore très timide, l'entre-fêtes a par contre poussé le levier au maximum par mégarde. 45 à 60 cm de neige ont donc largement agrémenté les rues de Montréal en l'espace de 24 heures, emportant au passage le titre de plus grosse chute en une journée depuis 1971. Le char Le décor est planté.
Après des péripéties rocambolesques pour savoir si finalement oui ou non, nos invités seront ici à temps pour le nouvel an, Air Canada s'est tout de même dépêché pour ne pas dépasser les 24 heures de retard et nous livrer les "heureux" voyageurs. Avec la moitié des bagages seulement, ça serait trop facile sinon.
Le 5 Guys - t'en as pour ton argent
Le froid glacial du 31 ainsi que tout un tas d'autres mauvaises excuses nous poussent à ne pas sortir et ne pas profiter du party de ville. Qu'importe, on mange bien et on s'amuse à l'armoricaine (panem et circenses). Notre premier objectif de séjour est d'engraisser les visiteurs afin qu'ils résistent mieux au froid, un peu comme les phoques si vous voulez. A grands coups de brunch, fritures et burger, nous atteignons rapidement le palier nécessaire à la survie en milieu hostile. Nous sommes alors fin prêts pour le reste du séjour et son objectif : Cocher les items essentiels sur la liste du bon Gaulois au pays des Caribous.
Direction Lanaudière, pour attaquer notre marathon des activités d'hiver. Notre premier soir sera consacré à pécher notre souper du soir dans des conditions extrêmes. En l'espace d'1h30, 2 truites de luxe s'invitent au repas. La cabane rustique qui nous accueille au fond des bois, s'avère être une vraie bonne surprise, confort convenable, chaleur et vue imprenable.
Dès le lendemain, paires de raquette au pied, les bons trappeurs que nous sommes, arpentons les sentiers très poudreux du parc de la chute à Bull, chute qui -ô surprise- est gelée. Micaël reçoit pour sainte mission de libérer les arbres captifs croulants sous la masse de neige des derniers jours, quitte à ramasser ce fardeau sur sa propre tête. Il s'attellera à cette tâche avec une ardeur désarmante.
On essaiera en soirée de faire un peu de patin sur la patinoire du village, avec la grâce et l'aisance d'une couturière en moufle.

Cet excès de nature -entrecoupé de chocolats chauds au village- commence à nous rendre malade, alors on se dirige pour l'activité luxe++ : le skidoo. Armés comme des bibendums, nous lançons nos bruyantes machines à travers les pistes à toute allure. La sensation est intense et il semble facile de se planter. Au détour d'un arrêt, je prend la liberté de faire quelques centaines de mètres sur la piste pour essayer le monstre en solo. La machine réagit encore mieux, sauf quand je décide de faire un petit demi-tour. Le rayon de braquage pas terrible, me fait me retrouver complètement enfoncé sur le bord du chemin sans possibilité d'avancer ni reculer : un très très grand moment de solitude. Pendant ce temps, Emilie, Micael et Dany ne me voyant pas revenir, commencent à s'inquiéter... pour la caution du véhicule. Heureusement, d'autres pilotes plus expérimentés passant par là me permettent de sortir de ce mauvais pas. Le reste de la promenade est agréable et les décors enneigés se succèdent. Micaël et moi, déposons les femmes à l'accueil pour un thé bien mérité pendant que nous repartons faire les fous sur des pistes plus escarpées. Quelques belles frayeurs de plus, mais un bon trip au final.
Pour compléter le week-end, direction le spa nordique, où des bains bouillonnants extérieurs nous détendent de tout le stress de la vie de trappeur. On y essayera aussi le combo sauna suivi de bain glacé : un moyen légal et abordable pour se faire tourner la tête.
Pour clôturer ce marathon, nous reprenons la route vers Montréal pour un final à la banquise et ses fameuses poutines réconfortantes. Le Québec c'est bon, venez-vous en.

Le reste de la galerie des glaces, c'est ici.