dimanche 15 septembre 2013

Bas Saint-Laurent et Gaspésie - Partie 4

Jour 12, la nuit a été tellement fraîche qu'on sentait le froid à travers le matelas gonflable... enfin, il parait : le chauffage fonctionnait à merveille dans le van !
Objectif de la journée: parcourir 200 km le long de la baie des chaleurs, qui n'a de chaud que son nom. Donc journée tranquille, pauses promenade sur la plage, pause repas au bord de la route, pause jeu de société "Innovation".


Le soir, nous faisons la rencontre de Sabrina qui nous accueille chez elle. Au départ, nous devions juste récupérer des habits oubliés quelques semaines plus tôt par Rémy, puis elle nous a proposé de nous installer sur son parking pour la nuit. Nous avons donc passé une très bonne soirée ensemble où elle nous a un peu parlé de son parcours de vie. Elle nous a expliqué son intérêt à venir étudier la médecine en Gaspésie, là où les besoins sont importants, elle nous a raconté sa rencontre avec Jésus, sa conversion, son envie de s'installer dans des régions plus reculées pour pouvoir partager sa foi avec les personnes plus isolées. Son enthousiasme et sa sincérité m'a vraiment impressionnée.

Jour 13, bain chaud pour Poupinette, douche pour les autres, gros festin de petit déjeuner, la matinée s'allonge. Sabrina nous accompagne au début des sentiers de randonnée entre Maria et Carleton-sur-mer, et nous partons pour la plus grosse randonnée de notre séjour. Nous commençons facile en remontant le long d'un ruisseau, alternant entre bord de cascade et chemin gadoueux. Puis c'est l'ascension du mont Carleton. La montée est rude mais  trois superbes points de vue nous sont promis, d'après la carte. Le temps passe et nous commençons à désespérer. Encore une fois nous nous disons: "on y est presque, ce sera au prochain tournant" à chaque tournant. Arrivés au point culminant, ça y est, nous avons la vue sur la côte...  entre un buisson et un arbre, en se penchant bien! Heureusement, Jp l'explorateur nous dégote le vrai troisième panorama quelques mètres plus loin. (les n°1 & 2 étant inexistants).
Le soir, la pause restaurant est bien méritée. Jp et moi optons pour le saumon à l'amérindienne alors que Franck, lui, choisit de manger local, avec un bon tajine d'agneau.
Notre nuit se passera dans un lieu hautement atypique: le château Bahia. C'est un château de bois construit en 15 ans par un "original", qui aurait sa place à Disneyland (le château, pas le proprio).



Jour 14, nous remontons la vallée de la Matapédia, qui a revêtu ses belles couleurs d'automne. Et au milieu coule une rivière... Waow! Les pauses le long de la route auraient été plus nombreuses si la chef du voyage, Mlle Élise n'avait décidé qu'il fallait mieux filer tout droit. 

Nous retrouvons Rimouski, sa plage de Kitesurfeurs déserte cette fois, mais qui se prête parfaitement à une petite partie d'Innovation. Puis c'est direction le crêpe-chignon, où la crêpe Pomme d'Adam à particulièrement ravi Franck (il vous en reparlera!).
Encore une nuit au pied d'un WalMart, avec cette fois ci une tente en plus, plantée sur un petit carré d'herbe, entre le VR et la route.

Jour 15, comme promis, nous revoilà au parc national du BIC. Nous nous marrons bien avec le guide naturaliste qui nous propose une observation de phoques. Il y en a tellement peu que c'est une véritable explosion de joie chaque fois que j'en aperçois un. 
Puis, petite promenade en forêt, dans la brume du bord de mer. Nous ferons notre dernière nuit en camping avec un beau feu de camp, patates et maquereaux fumés.


Jour 16, Après un bon brin de jasette avec nos voisins de camping, nous re-tentons l'ascension du pic Champlain (cf partie1), par le côté plus facile cette fois. Notre peine est récompensée. La vue sur le bord de mer, les anses, les îles, la forêt automnale, tout est sublime. Une bonne façon de conclure notre périple. 

Après une petite hésitation, nous décidons de rentrer directement à la maison : 5h de route, oui, mais 7h avec le VR! Mais qu'est ce qu'on ne ferait pas pour retrouver son lit après deux semaines!

Cher lecteur, si tu es arrivé jusque ici, mais que ta curiosité n'est pas satisfaite, tu peux toujours voir les photos du périple dans la galerie.

samedi 14 septembre 2013

Bas Saint-Laurent et Gaspésie - Partie 3

Jour 8. Nous continuons la route le long de la côte, à l'inverse de ces deux masos qui ont préféré prendre la route de terre qui coupe au milieu. Ils ne savent d'ailleurs pas ce qu'ils perdent, la route étant magnifique sur ce tronçon à fleur de falaise, le long des monts chics-chocs. Les panneaux indiquent des risques de vague venant s'écraser sur la route et les voitures,  la météo n'est pas bonne mais pas déchainée à ce point là non plus. 
Notre escale du jour est Cap-des-rosiers, là ou se trouve le plus haut phare du Québec. Le duo accent gaspésien du guide et Elise qui hurle ne fait pas bon ménage pour bien comprendre toutes les subtilités de l'histoire du phare et de son fonctionnement, mais en gros, comme vous vous en doutez,  un jour , il faisait pas beau du tout et un bateau s'est écrasé là, faisant une centaine de morts, bref l'idée d'un phare est devenue nécessité. Anecdote sympa, les gardiens de phare étaient remplacés à chaque élection, le parti gagnant nommant son gardien de phare, l'ancien gardien ayant alors 1 jour pour dégager. Une idée plutôt efficace pour réduire l'abstention des votes à mon avis. Si ton parti ne gagne pas, ouste!

C'est notre journée culturelle, nous continuons vers Gaspé, pour faire le musée d'interprétation des Micmacs. Je résiste à vous faire des jeux de mots faciles sur le nom marrant de cette tribu d'indiens au demeurant toujours existante mais un peu disséminée. Nous visitons alors une reconstitution de village avec des wigwams (tipis en écorce de bouleau), des pièges à ours, des trucs pour se soigner, faire du feu, des outils pour bricoler une étagère le dimanche. Bref, c'est cool d'être un micmac, ils sont ingénieux et vivent en harmonie avec la nature, c'est assez fidèle au cliché qu'on peut s'en faire, mais c'est bon de rappeler à l'homme blanc qu'il n'était pas obligé de tout détruire en arrivant. Excusez-nous, on n'a pas fait exprès, et en passant, je veux bien un peu plus de cette petite soupe à l'orignal. 

Jour 9.  Nous attaquons le Parc Forillon, un parc national emblématique de la Gaspésie. Etait-ce une bonne idée ? Cette fois-ci il pleut vraiment beaucoup, mais c'est pas grave, nous faisons la balades des Graves, qui malgré la pluie est époustouflante. Les criques qui se dessinent en contre-bas sont magiques et un congrès de phoques se réunit ici pour décider ensemble de l'avenir des maquereaux dans la baie. Tout le monde est unanime, il faut les manger. Ca sera la seule balade du jour, avec en fin de journée, un atelier sur la vie des Castors, qui sachez-le, n'ont en réalité aucune idée de l'endroit où va tomber l'arbre qu'ils découpent : des fois l'arbre tombe sur la fourche d'un autre arbre et il reste coincé, c'est bosser pour rien, mais c'est moins grave que l'arbre qui te tue en s'écrasant sur ta propre tête (ça arrive pour de vrai!)

Jour 10.  Hourra il fait beau! Et ça fait toute la différence! Nous faisons une balade plus en hauteur avec pour objectif une tour d'observation, et ça valait le coup. Visions lointaine sur le phare d'avant-hier et surtout, surprise, nous apercevons le rocher Percé au loin (plus tard dans notre parcours). La mer est turquoise et une baleine fait la belle sous l'oeil attentif de notre 24x optique. 

Il fait tellement beau qu'on refait la balade des Graves d'hier et c'est vraiment encore meilleur. En bonus multiple, c'est le congrès annuel des baleines qui devait se prononcer sur la contribution de l'espèce à la pêche scientifique. Personne ne semblait vraiment en faveur du projet.


Après quelques péripéties, nous quittons à regret le parc Forillon pour cueillir un passager de classe mondiale, à l'aéroport de Gaspé. Il va squatter avec nous le reste du trajet et ça c'est plutôt bon. Tous ensemble nous essayons de rejoindre Percé pour la nuit, mais un problème de véhicule nous fait un peu peur. Nous nous arrêtons au hasard chez un Gaspésien qui nous laisse dormir sur son terrain, il était temps pour Franck d'inaugurer la tente Quéchua 2"(Cocorico) de toute façon.

Jour 11. Contrairement à toutes les attentes, le problème de véhicule n'a pas disparu pendant la nuit. Et la sensation désagréable que le VR ne roule pas droit ne nous rassure pas. Mais pas le choix, il nous reste 15km jusqu'à Percé, nous les faisons à 30km/h, le rythme des vacances. Heureusement un petit garage ouvert, repère le problème rapidement, 2 montants de roue sont brisés! C'est pas qu'il manque les boulons, c'est qu'il manque les tiges sur lesquels mettre les boulons! Donc bref on pouvait perdre la roue à tout moment. Sympa. Nous laissons donc le VR au garage, et prenons un bateau, beaucoup plus sûr pour visiter le mythique rocher Percé et l'île Bonaventure.
Que dire sur le rocher Percé... il est grand et il est percé. C'est un paysage complètement incontournable de la Gaspésie, et ça doit imposer le respect au petit déjeuner devant ta fenêtre. Le capitaine du bateau nous raconte sa vie sentimentale entre deux explications sur le rocher et sur la vie des fous de Bassan, assez nombreux il faut l'admettre, probablement en raison d'un congrès sur le droit à la liberté d'expression, et tout le monde en use et abuse.
Nous débarquons sur l'île Bonaventure pour une petite rando aux multiples paysages, bois, falaises, hautes herbes et colonie de fous de Bassan. Inutile de débattre avec eux, ils parlent plus fort que toi et sont aussi agréables que le Métro ligne 13 aux heures de pointes (Amabilité, Odeur, Espace privé, tout y est).
Nous récupérons le VR et filons au camping du phare. La nuit s'annonce fraîche, mais bon ça concerne surtout ceux qui dorment sous tente ... :p
Le dernier épisode de la saga de l'automne, c'est ici.

lundi 9 septembre 2013

Bas Saint-Laurent et Gaspésie - Partie 2

Jour 4, pour notre deuxième journée au parc national du BIC, nous décidons de suivre les conseils des experts (la madame du centre d'accueil) et nous optons pour une promenade plus raisonnable, mais qui vaut quand même le détour. C'est parti pour 1h30 (aller-retour cette fois ci) à longer le bord du fleuve, au fils des anses et de la marée changeante. Un véritable paysage maritime et un vent époustouflant en arrivant à la pointe. Au détour du chemin, nous passons devant un petit salon de thé en plein milieu d'un sentier, en plein milieu d'un parc, en plein milieu de nulle part... c'est ce qui reste d'une superbe propriété de vacances d'une riche famille qui avait décidé de se construire un domaine dans les années 20, sans électricité (mais avec sauna) perdu dans cette nature sauvage: ça fait rêver!
Je quitte un peu à regret le BIC qui a été mon coup de coeur des vacances, en sachant qu'on y a prévu une halte la semaine suivante.


Nous prévoyons de passer tout droit à travers Rimouski, qui, selon les guides ne représente qu'un intérêt mitigé. Mais, pause allaitement oblige, le "hasard" nous conduit sur une plage où nous assistons à la danse des voiles menée par d'habiles kitesurfers.
Depuis Kamouraska, on nous avait promis un des plus beaux coucher de soleil du monde, et ça y est on arrive enfin à le saisir avant notre destination pour la nuit: Matane. Nous sommes arrivés en Gaspésie.



















Jour 5, Matane est un haut lieu de passage des saumons dont la tâche est rendue difficile par les énormes barrages. Malheureux saumons qui pour remonter les cours d'eau ne peut sauter guère plus que 4 mètres! Heureusement nos bon amis de Matane ont construit une passe migratoire avec vidéo intégrée pour admirer l'exploit sportif. Pas de poisson à l'horizon quand nous arrivons, ce qui nous a laissé tout le temps de lire la brochure "tout sur le saumon" et je suis tout bonnement fascinée. (Oui, je suis libre pour venir souper chez toi mercredi soir!)
Nous nous enfonçons dans les terres pour arriver au parc de la Gaspésie. L'ambiance du bord de mer disparait en un instant et nous retrouvons l'immensité de la forêt. Vite, vite, tant que le ciel est dégagé nous faisons un premier parcours reliant un belvédère, une chute et remontant une rivière qui me rappelle étrangement les Alpes et Pyrénées aquaventuriens.


Elise découvre ce soir là la magie du feu de camp (et des habits qui puent pendant deux semaines) pendant que nous nous régalons de patates au feu de bois.


Jour 6, le temps couvert ne nous décourage pas. C'est parti pour le Lac aux Américains qui a d'étranges allures écossaises dans la brume. Au passage, nous bavardons avec une gang de français retraités qui n'ont pas fini d'halluciner: "mais c'est un petit bébé que vous avait dans le dos?" "elle a l'air bien, on aimerait être à sa place" "elle va pas étouffer?" "c'est fou comme vous avez perdu l'accent français, on vous prendrait vraiment pour une québécoise!!!" (mais bien sûr...).
L'après midi, on s'attaque au mont Ernest Laforce qui offre (il parait) une vue extraordinaire sur les monts et vallées du parc. Etant donné qu'on avait du mal à voir nos pieds, on les croit sur parole.




















Jour 7, l'alternance météorologique est au rendez-vous, et c'est sous le soleil que nous nous attaquons à la chute du diable, en longeant la rivière tortueuse et en passant à travers la forêt magique.


Le parc de la Gaspésie, c'est fini, nous reprenons la route, jusqu'à Grande Vallée ou nous passons notre première nuit "sauvage" au bord d'un chemin isolé. Je me réveille en sursaut à chaque voiture qui passe: et si c'était la police qui venait nous dégager de là???
La suite, c'est ici!

vendredi 6 septembre 2013

Bas Saint-Laurent et Gaspésie - Partie 1

Vous l'aurez remarqué, ce blog s'égare régulièrement sur des hors-sujets complets, rien à voir avec le Québec, les caribous, les tunnels sous la glace pour sortir de la maison. Au lieu de ça, on trouve pêle-mêle, naissance, visite en France, Mariage etc. Il s'agit en fin de compte d'un reflet plutôt fidèle de notre vie entre deux continents...
Nous avons franchi, il y a peu, la barre des 3 ans dans le nouveau monde. Comme partout sur la planète, les habitants locaux ne visitent guère leur propre pays, et il y a toujours un étranger qui s'en étonne : "Ah bon vous n'êtes jamais allé ici où là ?"  Étonnant. C'est vrai, nous n'avons jamais fait Versailles, ou les châteaux de la Loire, ni même l'Alsace ou encore Saint-Pierre-et-Miquelon. C'est comme ça.
Alors pour revenir dans le sujet et comme tout bon Français expatrié qui se respecte, nous avons fait le tour de la Gaspésie.
Au volant de notre VR (Véhicule Récréatif), dont l'âge vénérable pourrait faire frémir les plus jeunes d'entre vous, nous avons en ce mois de Septembre, fait environ 2200km de route le long du Saint-Laurent d'abord, puis au bord de l'Atlantique avant de revenir par la Baie des Chaleurs, et la vallée de la rivière Matapédia. Voici la carte des exploits, celle que Jacques Cartier lui-même ne renierait pas.



Départ
Classique, c'est vendredi soir, on est prêts à partir à  une centaine de détails prêts, on boucle tout comme on peut, puis Élise refuse de partir sans manger, bref, tout va bien. Il est 20h, on part finalement, et... 20km plus loin, nous tombons dans un maxi bouchon, 1h de perdue supplémentaire. L'aventure s'annonce bien. Nous dormons à Drummondville, ce qui en distance pour le Québec correspond à dormir au bout de son jardin.



Jour 2, météo moyenne. Nous décidons de rouler un peu. Le célèbre village de Kamouraska n'est pas sous son meilleur jour, mais nous profitons déjà de l'air marin. Rivière-du-Loup sera notre étape pour la nuit après avoir fait les points de vue principaux de la petite ville et attraper quelques lueurs  du soir prometteuses.

 Jour 3, La routine matinale n'est pas encore au point, dormir c'est important. Sur le parking de Walmart, nous serons généralement le dernier véhicule campeur à partir. L'avantage de ce mode de transport, c'est sa flexibilité, on planifie à peu près, on voit ensuite. L'Ile Verte, sur notre route, est un endroit sauvage et probablement très beau, nous ne le saurons jamais, le traversier qui dessert l'île est dans plusieurs heures, et le retour est juste une ou 2 heures après. Trop d'attente et trop peu de temps sur place. Tant pis, nous passons notre tour et allons acheter du saumon et de la truite fumés pour se consoler.  Notre prochain objectif, le parc national du BIC.
Le parc du BIC est un petit parc naturel, loin d'être rasoir. Il se situe en bordure du fleuve et affiche de belles anses, un peu de relief, beaucoup d'arbres, ça y est nous attaquons les choses sérieuses. Quelques belvédères accessibles en voiture plus loin, on décide de tester les capacités de promenade d'Élise en attaquant supposément la meilleure balade du parc : le pic Champlain.  Carte imprécise étudiée et météo approximative, on devrait pouvoir faire l'aller retour en 1h30 à vue d'oeil (vision 1,25/10). Au bout d'1h30, nous ne rencontrons plus personne sur les chemins pas balisés, et à chaque virage on se dit qu'on va arriver au bout, puis en fait non. Puis en fait, il commence à pleuvoir, et venter, et pas qu'un peu. La persévérance ne paye pas, et dans une décision finale, nous rebroussons chemin, Élise n'apprécie plus la balade et hurle à pleins poumons, mais s'arrêter serait dangereux donc on rentre à grandes enjambées, un peu déçus, je suis sûr que c'était après le prochain virage (ou celui d'après?)
Le camping du parc ne déçoit pas et la baie du Ha-Ha n'a rien de spécialement drôle mais est très jolie dans sa robe de soir.

Retrouvez la suite de votre saga de l'automne sur votre canal préféré dans les jours ou semaines qui suivent. Merci fidèles visiteurs.   [Exclu] Dans le prochain épisode : des bêtes sauvages! Qui de nos héros ou de ces intrus finiront dévorés ?! Vous le saurez peut-être en vous abonnant à ce blog 100% action.
[Update : La suite ici!]
Exemple de bête sauvage.