dimanche 8 juillet 2018

Day off



Première vraie journée de repos au Camping.
Il est minuit passé mais si je ne le fais pas de suite maintenant, il y a de bonnes chances que je ne le fasse pas ou en tout cas pas avec les mots et ressentis que je souhaiterais exprimer. Dans le but de faire quelque chose pour moi alliant l'utile à l'agréable, j'ai décidé de tenter une petite randonnée dans les environs du camping afin de pouvoir découvrir l'arrière pays, de profiter de la nature et du patrimoine et enfin de me retrouver seul avec moi-même. 3 buts dans cette sortie: pouvoir conseiller d'éventuels clients, me retirer au calme pour me ressourcer et admirer les merveilles de la création, et réfléchir à ce post de blog.
L'abbaye de Saint Félix de Monceau était donc un choix tout tracé car accessible très rapidement. Je n'ai pas été déçu. Cette abbaye du XIè siècle en plein coeur de la garrigue offre un spectacle qui aurait pu m'apparaitre banal il y a 15 ou 20 ans en arrière, mais cette fois-ci c'est d'avantage la claque de la marque du temps et de l'héritage patrimonial qui a pris le dessus. Ce n'est qu'un bâtiment isolé, passablement en ruine, et pourtant... 
Je ne résiste pas à vous partager un poême de Saint Augustin, qui était d'ailleurs sur un panneau sur les lieux et qui traduit avec une belle justesse une partie des sentiments de ces dernières semaines.
L’amour ne disparait jamais
La mort n’est rien
Je suis seulement passé dans la pièce d’à côté.
Je suis moi et vous êtes vous
Ce que nous étions les uns pour les autres
Nous le sommes toujours.
Donnez- moi le nom que vous m’avez toujours donné
Parlez- moi comme vous l’avez toujours fait
Ne changez rien
Ne prenez pas un air triste ou solennel
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire
Souriez, pensez à moi, priez pour moi
Que mon nom soit prononcé à la maison comme il a toujours été.
La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié
Elle est ce qu’elle a toujours été
Le fils n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de vos pensées simplement parce que je suis hors de votre vue ?
Je vous attend
Je ne suis pas loin
Juste de l’autre côté du chemin.
Vous voyez, tout est bien.
Je vous rassure je ne suis pas mort. Je vais bien. Après avoir pris quelques photos, je me lance sur un chemin type GR, durée 2h dit "Autour de l'Abbaye", grand soleil, grand chapeau et grand nigaud qui a juste des sandales (-> moi), mais qu'importe, ça passe.
Je me promène donc dans cette nature si particulière qui quasi instantanément réveille en moi de lointains souvenirs. Les essences de pin, olivier et la magnifique stature des cyprès, accompagné du champ des cigales ravivent les 10 premières années de ma vie, les collines de Provence, les colonies de vacances, les sorties scolaires, un univers à la Marcel Pagnol... Sensations renforcées par le fait d'être absolument seul pendant ces 2 heures, aucune âme assez folle pour affronter le soleil écrasant sur ces sentiers. Une belle balade accompagnée de ces chanteuses presque invisibles que sont les cigales, mais aussi multitude de sauterelles, papillons et autres insectes propriétaires des lieux. (Petites vidéos pour essayer de vous donner l'ambiance)

Alors que dire de cette première semaine ?
Beaucoup de bien essentiellement. Pour l'instant, pour raisons de commodités, je suis seul au Camping, Dany et les enfants sont restés plus longtemps dans nos familles, c'est vrai qu'il n'y a pas urgence à me rejoindre. 
Je suis content de rejoindre cette très petite équipe, avec moi, nous sommes 4. 4
personnalités très différentes, mais l'impression qu'on arrivera à collaborer s'installe rapidement. La similarité la plus flagrante avec mon ancien boulot, c'est la multitude de choses à faire, de petites tâches à accomplir et se rappeler, être interrompu à tout moment pour servir un client ou aider un collègue. Rien de nouveau pour moi. Il faudra lutter à nouveau contre l'envie d'en faire toujours plus, toujours pour de bonnes raisons, soulager les collègues, améliorer telle ou telle chose... des schémas de pensée et façons de faire qui font possiblement partie de mon ADN mais qu'il faut réprimer par moment pour favoriser d'autres aspects essentiels hors boulot.
Je crois que le contact passe bien aussi avec les clients, c'est plus facile que je ne pensais d'aller vers eux et de simplement discuter, créer des relations, certainement éphémères, mais qui participent sans aucun doute à leur expérience de vacances.
C'est la semaine de début, je prend des notes sur ce que je trouve bien, ce que je trouve perfectible, ce qui heurte mes valeurs tout en comprenant l'origine de beaucoup de choix et toujours dans le respect et l'admiration du travail accompli pendant ces 13 dernières années.
Le lagon est un plus très appréciable en fin de journée, mais vous vous en doutiez déjà.
Bref, ça se passe très bien. Ma mère étant pas très loin, c'est cool de prendre un break avec elle en visitant un peu le centre ville de Montpellier, ville sur laquelle il faudra revenir pour apprivoiser ses places et artères. Il y aura beaucoup de travail à faire pour se l'approprier.

La balade touche à sa fin, et les longs sentiers sans ombrage aboutissent enfin à une récompense méritée, le retour sur l'abbaye en contre-plongée, dans son écrin de nature. Du bonbon.





jeudi 28 juin 2018

48 heures dans l'hexagone


Salut, je ressens ce besoin d'écrire quelque chose. Il me faut mettre des mots sur ce tourbillon d'émotions ressenties dans les quelques jours précédent notre départ jusqu'à notre arrivée en France. Je vais certainement oublier ces sentiments dans les jours et semaines qui suivent, alors peut-être que ça vaut la peine d'en garder une trace, peut-être pas. Au cours des derniers mois, j'ai lu de nombreux témoignages de personnes qui avaient quittés le Canada pour revenir en France et qui finalement ont fini par retourner au Canada, une sorte d'exercice exutoire pour avancer dans un sens ou un autre... voici le mien, à mon image. À notre image, avec ce coeur encore fragile et le manque de recul qu'il faudrait, mais tant pis. Je n'avais pas vraiment envie de poster une nouvelle fois sur Facebook un long laïus un peu larmoyant. Sur Fb nous sommes tous un peu paresseux et les longs contenus sont souvent ignorés pour aller à la prochaine vidéo de chat qui joue du xylophone avec brio. Alors voilà, je ressuscite ce blog, 4 ans plus tard, un peu comme un symbole aussi, symbole de continuité dans la rupture. Il y avait dans ce blog quelques bons contenus de nos premières années au Canada que je me surprend à redécouvrir, et bien sûr un énorme gap entre 2014 et 2018,  autres excellentes années que j'ai parfois envie de creuser et me remémorer pour tenter de vous les décrire.  Un jour peut-être. Mais probablement pas. 
Que dire de notre départ.
J'ai cette image qui persiste dans ma tête, celle d'un sparadrap que l'on arrache tout doucement. Ça fait mal. A la différence qu'on est censés se sentir mieux après, mais que dans notre cas, c'est un vide qui se crée. Plusieurs au-revoir ont eu lieu, des plus simples aux plus festifs dans tous les cercles dans lesquels nous avons évolué, grandi et partagé des moments de vie. Les départs ont quelque chose d'effroyablement vrai qui viennent révéler au fond de toi ce qui comptait vraiment et ce qui peut-être sera plus facile à laisser derrière. 
Et je crois que c'est ça qui rend ce départ si particulier et si difficile, comparé à nos précédentes aventures. Il y a plus de racines qui ont été plantées, plus de rencontres que nous ne pourrons jamais oublier, des boulots qui sont allés chercher le meilleur de nous, et un amour particulier du Québec, de Montréal, de Villeray notre quartier, notre chez-nous.
Ce dernier point m'a particulièrement bouleversé alors que sur la route de l'aéroport, je regardais ces rues si familières une dernière fois, je prenais à nouveau conscience de la beauté qui s'en dégage, de leurs douceurs de vivre, de leur sérénité. J'en ai la gorge nouée à vous écrire ces bêtises. J'étais surpris de voir à quel point je m'étais attaché aux lieux. En arrivant en 2010, passé la stupéfaction de voir des grattes-ciels pour la première fois de ma vie, j'étais plutôt en froid avec le style de Montréal que je jugeais sans vrai coeur historique, très bétonné et finalement plutôt morne. Avec le temps, Montréal se révèle à qui veut bien la vivre et libère toute sorte de beauté cachée et d'énergie qui rentre dans les coeurs.
Les départs sont avant tout une histoire de personnes, personnes qui comptent. Il est toujours étonnant de voir l'impact que nous laissons dans les vies des uns et des autres et inversement de voir les rencontres qui ont pris des places dans nos coeurs. Je ne veux pas aller dans le nominatif ici parce que c'est trop personnel, certains se reconnaîtront, d'autres ne viendront jamais ici. C'est pour tous ceux là que nous avons versé le plus de larmes, moi qui essaye toujours de m'en cacher pourtant :)
Les points communs pour toutes ces personnes est leur générosité et leur bonté d'âme. Je laisse avec beaucoup de douleur quelques collègues, jeunes et moins jeunes, au coeur d'or, présents dans les bons coups et les moins bons mais avec un vrai souci de l'humain, toujours prêts à aider réellement. En discutant avec mon boss lors de notre soirée d'adieu, il me contait qu'il n'avait jamais vu une telle équipe, un tel lien, un tel esprit et nous nous questionnions alors sur les probabilités qu'une telle chimie puisse se faire une autre fois dans une vie, en concluant que ça avait été une époque unique, qui je l'espère survivra sans moi et sans les précédents départs.
Parmi les amis les plus chers, nos compagnons d'expatriation nous manqueront incroyablement. Présents et impliqués dans tous les moments clés de notre vie et jusqu'au dernier nettoyage avant le départ, c'est en bonne partie grâce à eux que nous avons survécu au manque de famille lors des naissances de nos petits anges, petits anges qui les ont adoptés en retour. Je ne pourrais pas mettre assez de mots pour exprimer notre reconnaissance et notre peine aussi. Plusieurs autres amis, d'une bienveillance sans faille nous ont accompagné dans notre périple québécois, ont incarné avec perfection ce que c'est que de prendre soin des uns des autres, que ce soit à l'église ou en dehors, et je tiens à saluer mes potes qui, hasard des choses, prenaient l'avion le même jour pour partir en vacances et nous ont accompagné jusqu'à la porte d'embarquement, vous allez me manquer terriblement.
J'en oublie plusieurs, pardonnez-moi, ils sont importants aussi et ont pris une place, devenue un vide chacun, avec notre départ.
Et après quoi? Après on est en 2018, le monde est une petite planète. On dit ça pour se rassurer. Tout le monde est joignable en 2-3 clics et les vols inter-continentaux sont d'une facilité affligeante (si vous voyagez sans Yann). Mais bon quand même.
Yann passe la tondeuse avec tonton
Pour ma part, je redécouvre la France, il y a plus de 2 ans que je n'y avais pas mis les pieds, c'est à la fois familier et différent. Les paysages, routes et villages exercent sur moi une fascination, il y a une richesse des territoires à explorer de nouveau, avec le regard de quelqu'un qui peut enfin apprécier ce qui était sous ses yeux sans jamais s'en rendre compte auparavant. Les voyages et surtout les expatriations ont cette vertu de mettre les choses en perspective, du moins pour le moment. En retrouvant nos familles, nous sommes immédiatement confrontés à leurs réalités, leurs priorités et nous mesurons que nous n'avons pas forcément grandi dans les mêmes directions, que nous n'avons pas été influencé par les mêmes événements. C'est la vie, nous nous y attendions, et nous composerons avec. Les cousins et les cousines sont heureux de passer du temps ensemble et c'est un régal de les entendre s'amuser jusqu'à épuisement. Un semblant de routine et de planning se met en place. Ce sont les premières heures, il faudra passer par les 12 travaux de l'administration française pour prouver que nous existons à nouveau sur le territoire, et ensuite attaquer le nouveau défi: la vie au camping.




mardi 1 juillet 2014

En roue libre

Ce blog évite soigneusement de parler de la Polynésie. Tout d'abord parce qu'on n'a pas vraiment de connaissances à partager sur le sujet mais aussi parce que c'est l'opposé de là où nous sommes : notre bon vieux Québec.
Après ce préambule parfaitement inutile, laissez-vous guider par votre trio habituel qui fera, comme toujours avec beaucoup de plaisir et beaucoup de retard, une visite guidée de nos contrées.

Comme souvent, notre départ est bien plus tard que prévu et de  toute façon la première étape pour la nuit est à une distance de route très raisonnable. Nous choisissons donc de rejoindre quelques bons amis pour un pique-nique dans un parc de Montréal avant le grand départ. Nos étapes ne sont pas précises, on peut s'ajuster en cours de route, et c'est un avantage offert par notre van de hippies.

La première étape est proche de Trois-Rivières, au sanctuaire de Notre Dame Du Cap, où une grande cérémonie de chrétiens d'origine indienne (de l'Inde) a lieu avec notamment une procession à la bougie. On n'est vraiment pas là pour ça, on profite simplement en famille des jardins du sanctuaire en mangeant un morceau.
Une des bonnes choses au Québec et États-Unis est que certains magasins autorisent les vans à passer la nuit sur leur stationnement. Nous l'avions expérimenté plusieurs fois en Gaspésie. L'étape de Shawinigan était de ce type, mais avec en gros bonus : un parc public collé au stationnement. La nuit est tombée, Élise dort. Nous pouvons enfin siroter une tisane avec un livre au bord de la fontaine et même faire les idiots sur les balançoires en gardant un oeil sur le van.

Dès le lendemain, les choses sérieuses commencent avec le parc national de la Mauricie. La météo étant incertaine pour les jours venants, il faut saisir l'occasion de faire la plus belle et plus longue randonnée de suite tant qu'il fait beau. Une fois n'est pas coutume, Élise n'est pas vraiment de cet avis, et nous chante son hymne de protestation (37 strophes et autant de refrains - rappels non inclus). Bref, c'est dur pour elle et pour nos oreilles aussi. Au bout de cette longue et belle balade, un mini détour nous approche près d'un lac et sans trop d'hésitations, nous délivrons Élise de sa prison et de ses vêtements, pour un vrai moment de joie et bonheur aquatique.

Cascade, balade, baignade et Elise qui met son chapeau toute seule... so close (and yet so far)
Avec cette formule gagnante, nous resterons sur des trajets plus modestes et des baignades pendant les jours suivants dans les coins les plus touristiques du parc.

C'est ensuite la route vers le lac Saint-Jean, où les avis sont souvent très partagés par les gens ayant fait la visite. "C'est rien qu'un lac" où "Y'a rien à faire" ou au contraire "Quelle hospitalité !", "Les gens sont tellement accueillants" - Possible - Mais avec notre propre bouffe et notre propre hôtel sur roues, c'est plus difficile d'en juger. Notre objectif est comme toujours un parc. Au nord du lac se trouve le parc de la Pointe Taillon.  Ses spécificités : Une grande plage et une grande piste cyclable. Le vent souffle et il y a des vagues, mais pas vraiment de quoi décourager la petite kamikaze qui nous accompagne, sa mère est beaucoup plus intimidée.  Pour la piste cyclable, nous louons un beau tandem avec une carriole pour la princesse. Temps imparti : 4 heures. Distance de la piste au complet : 44 km. On en a vu d'autres, alors on se lance pour la boucle complète. Entre forêts, tourbière et bord de lac, le paysage est varié et très agréable. Nous découvrons également le 2ème album de notre soliste bien aimée, normalement à l'aise dans son carrosse mais qui peut-être mange plus de poussière que prévu. Bien sûr, les pauses s'imposent mais l'effort reste intense pour pouvoir boucler le tout. Par moment, les insectes veulent participer et se collent en nuages complets sur la surface du sprinter de front. (Moi). Les kilomètres s'enchaînent et un castor insouciant nous regarde au bord de la route. C'est vraiment gros !
Alors qu'il reste approximativement 1 km, un orage éclate et le sprint final permet de fortement limiter les dégâts. Les derniers cyclistes sur la piste n'auront pas cette chance.
Un convoi exceptionnel, un lac (oui oui c'est grand) et un vrai castor curieux
Nous continuons notre séjour vers le Saguenay, qui reste à mes yeux une des plus belles régions du Québec, grâce à son fjord. Nous y étions déjà passés mais n'avions pas été dans son parc national (bah oui, fallait s'y attendre). Les vues sur le fjord sont époustouflantes et les environs escarpés donnent au lieu une prestance et une paix bienvenues.
Le Fjord Fiesta (désolé)
Notre dernière étape de nuit avant le retour à la maison sera étonnante. Nous faisons en effet escale à Petite-Rivière-Saint-François, où, selon les guides, il y aurait un stationnement gratuit pour van. C'est probablement le meilleur spot que nous ayons eu. Le vent souffle très fort et il n'y a donc personne sur les quais mais l'éclairage au loin sur l'île-aux-coudres est somptueux.

Des bonbons pour les yeux

Flou d'un soir
Le jour se lève, l'étape désormais obligatoire des jeux pour enfants est respectée avec plaisir et nous rentrons à nouveau sur notre île de Montréal avec des beaux clichés plein la tête et le disque dur.  Et pour la galerie c'est par là.



dimanche 11 mai 2014

Oka et Yamaska

Tassez-vous de là, c'est moi le pilote !
Non, nous ne sommes pas partis au Japon. Nous sommes toujours dans notre bon vieux Québec. Oka et Yamaska sont deux parcs nationaux à distance très raisonnable de Montréal. Chaque parc peut être une sortie qui se fait dans la journée, surtout s'il fait beau. Et cette fois-ci on peut dire que c'est parti, le printemps embarque en mode turbo et on bascule du tout au tout. Par pure solidarité avec nos compatriotes outre atlantique, nous avons improvisé un long week-end de commémoration des anciens combattants ayant boutés les nazis hors de nos pâturages en 1945. Comprendre par là, qu'on a posé des jours pour glander un peu. On en profite pour aérer notre maison mobile, et c'est un petit plaisir que de la retrouver, dès les premiers kilomètres ce sont les souvenirs et le goût des vacances qui s'installent. Elise s'étonne de ce van et fait mine de le découvrir pour la première fois. A croire que son petit cerveau n'a rien retenu de notre grand voyage en Gaspésie.
   
Le campeur expérimenté part avec chapeau et k-way. Une maison mobile ça aide aussi.
 A Oka, on nous indique que certains sentiers sont inondés, et que ça serait bien d'avoir des bottes. Mais avec notre âme d'aventurier, on se lance quand même en espérant ne pas perdre de chaussure dans un marécage glouton. Par contre, quand on dit inondé, c'est inondé inondé, dans le genre masque et tuba conseillés. Mais bon en frayant notre chemin à flanc de colline et bord de l'eau, au doux son de la Catasfiore qui ne veut pas dormir, nous arrivons quand même à faire une boucle sympa. Le ponton flottant sur la rivière est le clou de la balade, tout autour de celui-ci la vie se trouve en abondance pour qui prend la peine de s'arrêter et d'observer (pas notre meilleure qualité, mais d'autres gentils promeneurs nous montrent les animaux cachés). L'autre sentier nous amène un peu plus haut, sur le calvaire d'Oka, un chemin de croix historique avec quelques chapelles. 
Faune locale...
Le ponton flottant (en haut) et la vue du calvaire (en bas)
3 jours plus tard, on remet ça avec le Parc de la Yamaska, dans les cantons de l'Est. Un peu plus loin, mais peut être un peu plus sympa que Oka. Le parc est très plat et organisé autour d'un lac. Les sentiers sont très agréables et la nature reprenant ses droits offre un spectacle québécois typique. L'atmosphère camping, forêt, et faune locale nous délivrent un bol d'air frais qui recharge nos batteries. C'est tout pour l'escapade, notre collection de parcs commence à être importante mais il en reste encore... affaire à suivre. 
En haut à gauche, des oeufs de pluvier, pondus quasiment sur le chemin... pas malin le piaf.
Plus d'images, c'est par ici.

dimanche 20 avril 2014

Printemps et Renaissance

Rien depuis l'automne passé, un vrai scandale !
Entre temps, l'hiver s'est déroulé entièrement en prenant bieeeeeeen son temps. Pourtant pas de post.
À Sotchi, le Canada s'est imposé peinard à la discipline reine, le hockey. Pas de post.
Philippe Couillard a délogé Pauline Marois au gouvernement, et pas de post.
Élise a doublé son temps de vie sur terre, et pas de post.

En même temps que voulez-vous qu'on vous dise ? Ça fait 3 ans qu'on habite ici, et c'est difficile de se renouveler pour le bon plaisir de vos yeux. On commence à faire partie des meubles, même que nous avons notre résidence permanente. Concrètement, ça signifie que si on veut rester ici forever, on peut. C'est pas encore la nationalité, mais ça s'en rapproche. Est-ce que la France réussira un jour à se montrer plus attractive pour un retour éventuel ? Peut-être.
 En vrac, l'automne a vu défiler encore un peu de visite pour la plus belle saison et on attribue une mention spéciale aux mosaicultures du jardin botanique.


L'hiver a été long et laborieux. Quand on ne chausse pas ses skis ni ses raquettes, c'est tout de suite beaucoup plus long à supporter. Mais quand même, la petite escapade en France pour le temps des fêtes a été bienvenue. C'est un des aspects les moins plaisants d'ici, l'éloignement dans les évènements importants. Après 3 Noëls loin des fromages et des cuisses de grenouille, on était content de rentrer.
Famille, Amis, Bons repas et Jeux de Société. C'est ça les fêtes.
Après ça, notre vie est pas mal occupée par les activités du centre Il est Écrit qui est une église qui cherche vraiment à se bouger, et on y trouve largement notre place au travers de différentes initiatives (petit groupe de partage, distribution de nourritures aux itinérants -SDF si vous préférez-, soirée jeu, journée santé, sortie cabane à sucre...). 
Comme vous vous en doutez, les rares temps libres nous permettent de nous occuper de la petite princesse, qui grandit bien, dort à peu près bien, mange bien, fait tout bien. Et plus récemment, se déplace en semi-quatre pattes, juste assez pour transformer notre nid douillet en zone de guerre. 
Une sortie à la neige, et toujours des amis
Pour les plus gourmands de photos, la galerie d'automne ici, les fêtes de fin d'année ici, et l'unique sortie à la neige là.

dimanche 15 septembre 2013

Bas Saint-Laurent et Gaspésie - Partie 4

Jour 12, la nuit a été tellement fraîche qu'on sentait le froid à travers le matelas gonflable... enfin, il parait : le chauffage fonctionnait à merveille dans le van !
Objectif de la journée: parcourir 200 km le long de la baie des chaleurs, qui n'a de chaud que son nom. Donc journée tranquille, pauses promenade sur la plage, pause repas au bord de la route, pause jeu de société "Innovation".


Le soir, nous faisons la rencontre de Sabrina qui nous accueille chez elle. Au départ, nous devions juste récupérer des habits oubliés quelques semaines plus tôt par Rémy, puis elle nous a proposé de nous installer sur son parking pour la nuit. Nous avons donc passé une très bonne soirée ensemble où elle nous a un peu parlé de son parcours de vie. Elle nous a expliqué son intérêt à venir étudier la médecine en Gaspésie, là où les besoins sont importants, elle nous a raconté sa rencontre avec Jésus, sa conversion, son envie de s'installer dans des régions plus reculées pour pouvoir partager sa foi avec les personnes plus isolées. Son enthousiasme et sa sincérité m'a vraiment impressionnée.

Jour 13, bain chaud pour Poupinette, douche pour les autres, gros festin de petit déjeuner, la matinée s'allonge. Sabrina nous accompagne au début des sentiers de randonnée entre Maria et Carleton-sur-mer, et nous partons pour la plus grosse randonnée de notre séjour. Nous commençons facile en remontant le long d'un ruisseau, alternant entre bord de cascade et chemin gadoueux. Puis c'est l'ascension du mont Carleton. La montée est rude mais  trois superbes points de vue nous sont promis, d'après la carte. Le temps passe et nous commençons à désespérer. Encore une fois nous nous disons: "on y est presque, ce sera au prochain tournant" à chaque tournant. Arrivés au point culminant, ça y est, nous avons la vue sur la côte...  entre un buisson et un arbre, en se penchant bien! Heureusement, Jp l'explorateur nous dégote le vrai troisième panorama quelques mètres plus loin. (les n°1 & 2 étant inexistants).
Le soir, la pause restaurant est bien méritée. Jp et moi optons pour le saumon à l'amérindienne alors que Franck, lui, choisit de manger local, avec un bon tajine d'agneau.
Notre nuit se passera dans un lieu hautement atypique: le château Bahia. C'est un château de bois construit en 15 ans par un "original", qui aurait sa place à Disneyland (le château, pas le proprio).



Jour 14, nous remontons la vallée de la Matapédia, qui a revêtu ses belles couleurs d'automne. Et au milieu coule une rivière... Waow! Les pauses le long de la route auraient été plus nombreuses si la chef du voyage, Mlle Élise n'avait décidé qu'il fallait mieux filer tout droit. 

Nous retrouvons Rimouski, sa plage de Kitesurfeurs déserte cette fois, mais qui se prête parfaitement à une petite partie d'Innovation. Puis c'est direction le crêpe-chignon, où la crêpe Pomme d'Adam à particulièrement ravi Franck (il vous en reparlera!).
Encore une nuit au pied d'un WalMart, avec cette fois ci une tente en plus, plantée sur un petit carré d'herbe, entre le VR et la route.

Jour 15, comme promis, nous revoilà au parc national du BIC. Nous nous marrons bien avec le guide naturaliste qui nous propose une observation de phoques. Il y en a tellement peu que c'est une véritable explosion de joie chaque fois que j'en aperçois un. 
Puis, petite promenade en forêt, dans la brume du bord de mer. Nous ferons notre dernière nuit en camping avec un beau feu de camp, patates et maquereaux fumés.


Jour 16, Après un bon brin de jasette avec nos voisins de camping, nous re-tentons l'ascension du pic Champlain (cf partie1), par le côté plus facile cette fois. Notre peine est récompensée. La vue sur le bord de mer, les anses, les îles, la forêt automnale, tout est sublime. Une bonne façon de conclure notre périple. 

Après une petite hésitation, nous décidons de rentrer directement à la maison : 5h de route, oui, mais 7h avec le VR! Mais qu'est ce qu'on ne ferait pas pour retrouver son lit après deux semaines!

Cher lecteur, si tu es arrivé jusque ici, mais que ta curiosité n'est pas satisfaite, tu peux toujours voir les photos du périple dans la galerie.

samedi 14 septembre 2013

Bas Saint-Laurent et Gaspésie - Partie 3

Jour 8. Nous continuons la route le long de la côte, à l'inverse de ces deux masos qui ont préféré prendre la route de terre qui coupe au milieu. Ils ne savent d'ailleurs pas ce qu'ils perdent, la route étant magnifique sur ce tronçon à fleur de falaise, le long des monts chics-chocs. Les panneaux indiquent des risques de vague venant s'écraser sur la route et les voitures,  la météo n'est pas bonne mais pas déchainée à ce point là non plus. 
Notre escale du jour est Cap-des-rosiers, là ou se trouve le plus haut phare du Québec. Le duo accent gaspésien du guide et Elise qui hurle ne fait pas bon ménage pour bien comprendre toutes les subtilités de l'histoire du phare et de son fonctionnement, mais en gros, comme vous vous en doutez,  un jour , il faisait pas beau du tout et un bateau s'est écrasé là, faisant une centaine de morts, bref l'idée d'un phare est devenue nécessité. Anecdote sympa, les gardiens de phare étaient remplacés à chaque élection, le parti gagnant nommant son gardien de phare, l'ancien gardien ayant alors 1 jour pour dégager. Une idée plutôt efficace pour réduire l'abstention des votes à mon avis. Si ton parti ne gagne pas, ouste!

C'est notre journée culturelle, nous continuons vers Gaspé, pour faire le musée d'interprétation des Micmacs. Je résiste à vous faire des jeux de mots faciles sur le nom marrant de cette tribu d'indiens au demeurant toujours existante mais un peu disséminée. Nous visitons alors une reconstitution de village avec des wigwams (tipis en écorce de bouleau), des pièges à ours, des trucs pour se soigner, faire du feu, des outils pour bricoler une étagère le dimanche. Bref, c'est cool d'être un micmac, ils sont ingénieux et vivent en harmonie avec la nature, c'est assez fidèle au cliché qu'on peut s'en faire, mais c'est bon de rappeler à l'homme blanc qu'il n'était pas obligé de tout détruire en arrivant. Excusez-nous, on n'a pas fait exprès, et en passant, je veux bien un peu plus de cette petite soupe à l'orignal. 

Jour 9.  Nous attaquons le Parc Forillon, un parc national emblématique de la Gaspésie. Etait-ce une bonne idée ? Cette fois-ci il pleut vraiment beaucoup, mais c'est pas grave, nous faisons la balades des Graves, qui malgré la pluie est époustouflante. Les criques qui se dessinent en contre-bas sont magiques et un congrès de phoques se réunit ici pour décider ensemble de l'avenir des maquereaux dans la baie. Tout le monde est unanime, il faut les manger. Ca sera la seule balade du jour, avec en fin de journée, un atelier sur la vie des Castors, qui sachez-le, n'ont en réalité aucune idée de l'endroit où va tomber l'arbre qu'ils découpent : des fois l'arbre tombe sur la fourche d'un autre arbre et il reste coincé, c'est bosser pour rien, mais c'est moins grave que l'arbre qui te tue en s'écrasant sur ta propre tête (ça arrive pour de vrai!)

Jour 10.  Hourra il fait beau! Et ça fait toute la différence! Nous faisons une balade plus en hauteur avec pour objectif une tour d'observation, et ça valait le coup. Visions lointaine sur le phare d'avant-hier et surtout, surprise, nous apercevons le rocher Percé au loin (plus tard dans notre parcours). La mer est turquoise et une baleine fait la belle sous l'oeil attentif de notre 24x optique. 

Il fait tellement beau qu'on refait la balade des Graves d'hier et c'est vraiment encore meilleur. En bonus multiple, c'est le congrès annuel des baleines qui devait se prononcer sur la contribution de l'espèce à la pêche scientifique. Personne ne semblait vraiment en faveur du projet.


Après quelques péripéties, nous quittons à regret le parc Forillon pour cueillir un passager de classe mondiale, à l'aéroport de Gaspé. Il va squatter avec nous le reste du trajet et ça c'est plutôt bon. Tous ensemble nous essayons de rejoindre Percé pour la nuit, mais un problème de véhicule nous fait un peu peur. Nous nous arrêtons au hasard chez un Gaspésien qui nous laisse dormir sur son terrain, il était temps pour Franck d'inaugurer la tente Quéchua 2"(Cocorico) de toute façon.

Jour 11. Contrairement à toutes les attentes, le problème de véhicule n'a pas disparu pendant la nuit. Et la sensation désagréable que le VR ne roule pas droit ne nous rassure pas. Mais pas le choix, il nous reste 15km jusqu'à Percé, nous les faisons à 30km/h, le rythme des vacances. Heureusement un petit garage ouvert, repère le problème rapidement, 2 montants de roue sont brisés! C'est pas qu'il manque les boulons, c'est qu'il manque les tiges sur lesquels mettre les boulons! Donc bref on pouvait perdre la roue à tout moment. Sympa. Nous laissons donc le VR au garage, et prenons un bateau, beaucoup plus sûr pour visiter le mythique rocher Percé et l'île Bonaventure.
Que dire sur le rocher Percé... il est grand et il est percé. C'est un paysage complètement incontournable de la Gaspésie, et ça doit imposer le respect au petit déjeuner devant ta fenêtre. Le capitaine du bateau nous raconte sa vie sentimentale entre deux explications sur le rocher et sur la vie des fous de Bassan, assez nombreux il faut l'admettre, probablement en raison d'un congrès sur le droit à la liberté d'expression, et tout le monde en use et abuse.
Nous débarquons sur l'île Bonaventure pour une petite rando aux multiples paysages, bois, falaises, hautes herbes et colonie de fous de Bassan. Inutile de débattre avec eux, ils parlent plus fort que toi et sont aussi agréables que le Métro ligne 13 aux heures de pointes (Amabilité, Odeur, Espace privé, tout y est).
Nous récupérons le VR et filons au camping du phare. La nuit s'annonce fraîche, mais bon ça concerne surtout ceux qui dorment sous tente ... :p
Le dernier épisode de la saga de l'automne, c'est ici.